S. Diawara prend ses marques
«Je suis mort, on m’a tué». Malgré sa carrure de puncheur, Souleymane Diawara digère avec douleur le travail physique trois jours seulement après son arrivée à l’OM. Normal pour un joueur en reprise qui prévient : «je sens que ça va payer pour la saison.» «Souley» ou «Soul’» comme on le surnomme n’est pas du genre à s’arrêter devant une préparation musclée. Ce solide défenseur a démontré sur les terrains qu’il était du genre à encaisser. Et pourtant, malgré sa réputation de faiseur d’ambiance, le garçon la joue réservé pour ses premiers pas olympiens. «J’ai été mis à l’aise dès mon premier jour mais il y a toujours mon côté un peu timide, c’est normal car je ne les connais que depuis trois jours, explique-t-il, je ne vais pas faire comme si j’étais un ancien. Je reste un peu calme et au fil du temps ça va aller mieux.» Nul doute que son intégration se fera fissa quand on voit son aisance au sein du groupe, aidé en cela par les anciens havrais Steve Mandanda et Mamadou Niang. Ce dernier étant son ami depuis l’enfance. Lui habitant au 150, l’attaquant au 148 dans le quartier de Caucriauville de la cité normande. «C’est plus que de l’amitié entre nous» dit-il alors qu’il a suivi l’évolution exponentielle de son pote : «Je ne suis pas étonné. Quand on faisait des tournois de jeunes en salles, on voyait qu’il était au-dessus de nous tous. Et je sais qu’il n’a pas encore fini de progresser.» «Beaucoup n’ont pas compris mon choix mais j’avais besoin de franchir encore un palier» Bel et bien olympien désormais, le défenseur de 30 ans a peut-être pu en étonner certains par son choix de quitter le champion en titre pour son dauphin. Il assume sans souci. «Beaucoup n’ont pas compris mon choix mais j’avais besoin de franchir encore un palier. L’OM, c’est un club à part. Le plus gros en France, l’ambiance, le public, l’OM quoi.» Les supporters marseillais comprennent aisément. Pourtant, c’est en Gironde que le Sénégalais a véritablement explosé. Après ses années sochaliennes et anglaises (Charlton), il a fait un retour fracassant à Bordeaux en 2007. Il acquiesce toujours un peu gêné quand il s’agit de parler de lui : «J’ai beaucoup appris à Bordeaux, j’ai grandi. Laurent Blanc et Jean-Louis Gasset m’ont fait énormément progressé dans tous les domaines. Blanc voulait un défenseur rapide qui prenne le ballon et remonte le terrain, j’ai beaucoup travaillé là-dessus.» Des qualités qui ont tapé dans l’œil de Didier Deschamps et de José Anigo. «José me voulait et quand j’ai eu Didier au téléphone, j’ai pensé au champion du Monde et je me suis dit que se je voulais encore progresser, c’était avec des gens comme ça» affirme-t-il allant jusqu’à déjà trouver des similitudes entre «le président», son ancien coach, et «la desch’», son nouveau. Tous deux frappés du sceau 98. «Ca se voit sur de petits détails. Sur la rigueur et le travail défensif, on sent qu’il est perfectionniste comme Laurent Blanc.» S’il devrait probablement être associé dans le futur avec Vito Hilton («Un joueur que j’adore, il est costaud dans les duels et super technique, ce qui est rare pour un défenseur de nos jours» dit-il), il ne sera probablement pas du match de vendredi contre Bucarest. En attendant, il voit arriver avec délectation les recrues olympiennes : «Je vois que l’OM veut faire quelque chose cette saison. On voit au niveau du recrutement que c’est un club ambitieux et je viens apporter ma rage. Qui ne voudrait pas jouer avec un joueur comme Lucho Gonzalez ? Je me dit que je suis vraiment content d’avoir signé ici.» Difficile de le contredire. (source www.om.net) |